In Limine.....
Critique de la valeur et Communisation
Le but de ce site, au travers de textes d'analyse de moi-même ou d'autres auteurs, est de contribuer d'une part à la critique de la société moderne capitaliste, des catégories qui la caractérisent (travail, valeur, production, etc) et des illusions émaillant l'espoir d'en sortir (ou d'en "limiter l'effet") au travers "d'alternatives" qui n'engagent aucune rupture radicale d'avec les "règles du jeu" qui nous sont imposées par le biais de nos consciences socialement construites, et d'autre part, de contribuer à rapprocher la "critique de la valeur" de la théorie communiste dite "de la communisation".
"Dans une société qui ne sera plus dominée par des formes sociales aliénées - qui ne sera plus orientée par l'auto-expansion de la richesse abstraite - la compulsion au travail qui caractérise le mode de production capitaliste disparaitra. Avec la valeur, le travail abstrait disparaît an tant que catégorie. La reproduction des individus et de leurs besoins devient une fin en soi. Sans les catégories de valeur, de travail abstrait et de salaire, "le travail" cesserait d'avoir un rôle systémique en tant que déterminé par la médiation sociale fondamentale : la valeur.
C'est pourquoi la théorie de la forme-valeur pointe dans la même direction que la communisation en ce qui concerne la notion de la révolution qui en découle. Le dépassement des rapports sociaux capitalistes ne peut impliquer une simple "libération du travail", au contraire, la seule "issue" est la suppression de la valeur elle-même - de la forme-valeur qui pose le travail abstrait en tant que mesure de la richesse. La communisation est la destruction de la forme-marchandise et l'établissement simultanée de rapport sociaux immédiats entre les individus. On ne peut en finir avec la valeur, comprise comme une forme totale de médiation sociale, par morceaux." Communisation et théorie de la forme-valeur, texte paru dans la revue Endnotes 2 d'avril 2010 (voir liens)
La théorie est ce qui peut permettre de penser nos actes, de lier la pensée à l'action dans un mouvement de va et vient visant à fonder les bases d'un monde qui soit vraiment le nôtre, hors de toutes dominations et tous fétichismes (à la mesure de notre humanité).
"La théorie dont il est question ici n'est pas la servante de la praxis, ni sa préparation, mais en est une partie intégrale. Le fétichisme n'est pas un ensemble de fausses représentations ; il est l'ensemble des formes - telle que l'argent - dans lequel la vie se déroule réellement en conditions capitalistes. Chaque progrès dans la compréhension théorique, de même que sa diffusion, est donc en lui-même un acte pratique." Anselm Jappe
La révolution ne saurait se laisser piéger dans un futur hypothétique contexte favorable, car elle est déjà là au présent, dans toute dynamique, toute conscience désirante (et dans la contradiction entre les classes, en tant que procès historique de valorisation du capital), au sein de laquelle s'accroit la volonté de nier et de dépasser les rôles sociaux qui nous sont imposés par le rationalisme dominant. Quid de l'insurection, de la réflexion théorique, des actes de désobéissance, de refus, d'insubordination, de subversion, d'expérimentations, de révolte ? Tout acte réellement subversif ramène à la nécessité présente de la révolution et du dépassement des rapports de production s'il porte en lui le désir de se réapproprier la parole, la maitrise de notre réalité (dans l'optique d'exprimer les limites de cette réalité dans le cadre qui est le nôtre, celui du capitalisme restructuré, et afin de fonder la nécessité d'une rupture temporelle par rapport à ce qui la détermine immanquablement : le type spécifique des rapports sociaux générés par la dynamique capitaliste et qui président au caractère des relations inter-subjectives).
"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le
dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973
C'est au coeur de la révolte, à l'écart de tout ressentiment, de toute haine, que se noue les relations humaines et extra-humaines d'inter-dépendance, d'autonomie et
de complicité qui peuvent être à même de nous sauver du nihilisme, et non en l'espoir discipliné d'un futur hypothétique et toujours repoussé en des lendemains de plus en plus inhumains et
anti-vie ou d'un présent qui ne sait que faire de son âme d'esclave en se parant des oripeaux de "l'alternative" et de "l'autogestion".
"La solidarité des hommes se fonde sur le mouvement de révolte et celui-ci, à son tour, ne trouve de justification que dans cette complicité." Albert Camus, L'homme révolté, 1951
Max L'Hameunasse